24 mai 2014

Amours ancillaires

Dans les registres de Saint-André de Sangonis, bourgade de l'Hérault, canton de Gignac, un acte de naissance qui révèle une vie privée assez inattendue :

"Le quatorze juin mil huit cent dix-huit devant nous officier de l'État-civil de St-André a comparu le sieur Jean Baptiste Boyé instituteur qui nous a déclaré que dame Rosalie Cambon sa gouvernante est accouchée d'une fille à laquelle il a donné les prénoms de Magdeleine Adélaïde en présence des sieurs Jourdan Étienne Louis instituteur âgé de trente-cinq ans et Revel Pierre propriétaire âgé de inquante-deux ans, tous deux domiciliés dans cette commune lecture du présent acte faite les déclarants ont signé avec nous."
Voilà un instituteur qui s'offrait du bon temps. Il a quarante-huit ans et sa gouvernante en a trente-cinq. L'âge canonique s'imposait pour la servante du curé, mais le personnel du corps enseignant y échappait. En tout cas les émoluments du maître d'école lui permettaient d'entretenir une gouvernante. L'a-t-il embauchée parce qu'elle était sa maîtresse ou l'a-t-il séduite après l'avoir recrutée ? Impossible à savoir. Mais plus tard ils se sont mariés. Jean-Baptiste mourra en 1848, Magdeleine son épouse lui survivra jusqu'en 1851.
Quel a été le degré de scandale dans cette bourgade de l'Hérault sous la Restauration ? Est-on même en droit d'imaginer un scandale ? Les hussards noirs de la République n'ont pas encore imposé leur naïve hypocrisie.
Saint-André de Sangonis au début du XXème siècle,
Archives Départementales de l'Hérault

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