17 janvier 2014

Mariée à quatorze ans, morte à dix-huit, 1808

"Mairie de Nice,
Arrondissement communal de Nice,
Du deux floréal an onze de la République française,
Acte de mariage de Pierre Antoine Robaut, âgé de vingt-quatre ans et cinq mois..."

Ainsi commence un acte de mariage niçois en 1803 : les Français ont en effet occupé le Comté de Nice en 1792 et ils ont imposé leur république et leur langue, qui a remplacé le latin et l'italien dans les actes officiels. Les prénoms aussi ont été francisés et le marié, qui est né Pietro Antonio en 1778, se retrouve Pierre Antoine devant l'adjoint au maire en 1803.

Mais le plus étonnant est dans la suite, qui nous présente la mariée : "Jeanne Marie Macarry, âgée de de quatorze ans et trois mois, née à Nice le treize décembre mille sept cent quatre-vingt-neuf". Vraiment jeune ! Mais son père est d'accord, comme le précise l'acte : "Après que Joseph Macarry, père de l'épouse, a eu donné son consentement à ce que Jeanne Macarry, sa fille mineure, s'unisse en mariage avec ledit Pierre Antoine Robaut."

L'idée qui vient immédiatement à l'esprit est que ce mariage est rendu inévitable par la grossesse de la mariée. Nous conseillons au passage à tous les généalogistes de comparer systématiquement la date d'un mariage avec la date de naissance du premier enfant du couple : ils ne trouveront pas toujours l'écart règlementaire des neuf mois. Mais l'examen des registres de naissance montre qu'il faut attendre 1808 pour que Pierre Antoine et Jeanne Marie aient un enfant. A-t-elle été victime d'une fausse couche ? Impossible de le savoir. A-t-elle avorté ? Si cette possibilité était à envisager, il est peu probable que le mariage ait eu lieu.
 
Quoi qu'il en soit, un fils naît au couple le 25 janvier 1808, qui reçoit le prénom très courant d'Honoré. Mais un peu plus de deux semaines après, le 11 février, la jeune mère décède, très probablement des suites de son accouchement ; elle a à peine plus de dix-huit ans.

Les deux époux étaient du quartier de Carras, qui n'était pas encore urbanisé, et Jeanne Marie est qualifiée de "cultivatrice" dans son acte de décès. Quant à Pierre Antoine Robaut, dès le 8 juillet 1808, il se remarie avec une certaine Marie Elisabeth Straudo et c'est de ce deuxième couple que nous descendons.

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