16 janvier 2014

Des triplées à Nice en 1719


Le 31 mai 1719, à Nice, une surprise pour le couple que forment depuis cinq ans Gio Battista Maifreddo et son épouse Lucrezia : celle-ci met au monde des triplées. Rappelons que les naissances multiples sont beaucoup plus rares autrefois que de nos jours.
L'acte de baptême des triplées.
Trois petites filles qu'on s'empresse d'emmener le jour même pour les baptiser à la cathédrale de Nice, Sainte-Réparate, qui est l'église paroissiale. On avait sûrement choisi à l'avance un parrain et une marraine pour le futur nouveau-né, mais en ce temps-là aucun moyen ne permettait de prévoir que ce sont trois enfants qui verraient le jour.
Sainte-Réparate, cathédrale de Nice,
achevée en 1699.
Le campanile date de 1757.
Photo by Commons user:Myrabella, CC-BY-SA

Il a donc fallu en toute hâte trouver quatre autres personnes pour assumer ces fonctions de parrain et de marraine. En l'occurrence celles-ci, un frère et sa sœur, un mari et sa femme, s'appellent toutes Bottale comme Lucrezia, la mère des triplées, qui est née sous le nom de Bottala. Dans la hâte on a donc eu recours à la famille de la mère. Mais à cette époque la langue italienne ne fournit pas de mot pour dire "triplées" au vicaire Honorato Dalmatio qui écrit dans l'acte de baptême, à la suite des prénoms, "sorelle gemelle Maifredde", "sœurs jumelles Maifreddo", avec l'accord grammatical au féminin pluriel.
Malheureusement Francesca Maria, Anna Maria et Maria Margarita ne vont pas rester longtemps ensemble. Dès le 18 juin Francesca Maria est enterrée, âgée de 19 jours, dit l'acte de sépulture ; le 24 c'est le tour d'Anna Maria, qui a 25 jours.
Le mystère est que Francesca Maria se marie en 1737 avec Onorato Gilli et qu'elle a des descendants jusqu'à nos jours : elle est la trisaïeule de mon arrière-grand-père, Honoré Bellon. 
Le prêtre qui a rédigé l'acte de sépulture s'est-il trompé de prénom, ou plus probablement a-t-il été mal renseigné ? Est-ce Maria Margarita qui a été inhumée sous le nom d'une de ses sœurs ? Les parents ont-ils donné à une des deux sœurs survivantes le prénom de la défunte ? Après tout la pratique était courante de redonner à un enfant le prénom d'une sœur ou d'un frère décédé, voire encore vivant.


1 commentaire:

  1. Quelle surprise, en effet. Je n'ai jamais rencontré, dans mes propres recherches, de naissance de triplés. Si vous avez écarté l'hypothèse que ce soit une fille née plus tard qui ait hérité du nom de la triplette décédée en bas âge, en effet, vos deux hypothèses se valent. C'est le lot des erreurs commises par les créateurs d'archives (que nous sommes, chaque jour) : elles prennent leur place dans le grand témoignage de ce que nous étions, bien souvent indétectables...
    Rémi

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